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à propos

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LE PROJET #


L’exposition moving things réunit Violaine Lochu, performeuse, artiste visuelle et sonore française, et João Fiadeiro, danseur, chorégraphe et théoricien portugais. Le groupe de travail (1) à l’origine du projet leur a proposé de produire une exposition progressivement indexée sur les rencontres, incluant l’environnement physique, le temps et la durée de l’exposition, les médiateurs et les différents publics, et travaillant en circuit court avec un minimum de transports, production et formalités administratives – qui alourdissent tant, et de plus en plus, les processus de mise en œuvre des expositions (2).

Inspirée des ateliers de la Villa Arson, mais aussi de tabliers de jeux et des intérieurs japonais, Violaine Lochu conçoit une installation à performer, une sorte de playground aux possibilités infinies, constitué de matériaux bruts, choisis pour leurs potentialités de transformation (tissu, élastique, matières chimiques, œufs, gélatine, pâte à modeler, aluminium…). Ces matériaux sont activés par des performeurs formés à l’approche de l’improvisation (3) transmise par João Fiadeiro, selon l’analyse de leurs propriétés (poids, taille, matière, couleur…) et de leurs potentialités performatives (sonore, chorégraphique, théâtrale…).

Ces éléments – pliés, rangés le long des murs de la Galerie Carrée – sont peu à peu déployés dans l’espace selon un protocole précis : le visiteur est invité par un médiateur-performeur à répondre à un questionnaire aux allures administratives. Les réponses données sont codées, formant ainsi un « algorithme » qui renvoie à une partition dans laquelle différents types de relations entre corps et objet sont recensés. Ce code indirectement induit par les réponses du visiteur, indique aux performeurs quel type d’action réaliser. À la fin de journée, l’espace central de la Galerie Carrée est balayé afin que l’exposition « reparte de zéro » le lendemain. Cette règle du jeu agit comme un écrin pour l’improvisation : le protocole est conçu de manière à ce qu’aucune action ne soit écrite ou déterminée à l’avance, mais demande aux performeurs une « composition en temps réel ».

Pour João Fiadeiro, composer « en temps réel » oblige à un changement de paradigme par rapport à la notion de temps. Au lieu d’utiliser les expériences passées et les attentes futures comme paramètres, il s’agit pour lui d’opter pour une sensibilité radicale au moment présent. Le temps cesse d’être perçu de façon linéaire, il est vécu comme une bande de Möbius – où l’intérieur et l’extérieur, l’avant et l’après se mêlent et se confondent – créant les conditions pour « voir à nouveau », comme pour la première fois. Avec pour point de départ le coefficient d’invisibilité des corps en situation de s’adapter à toute convention (comme celle de visiter une exposition par exemple), les performeurs jouent des frontières entre réel et fiction, vrai et faux, absence et présence. Ces oscillations contraires laissent des traces, qui participent ainsi à la construction du paysage de l’exposition et sont documentées par les médiateurs. Agissant comme archives de l’exposition, ces documents sont déposés sur le site movingthings.org, conçu par le graphiste-webdesigner Christophe Hamery, afin que l’exposition soit accessible en permanence en ligne comme un laboratoire apparent où l’on aperçoit des fragments, des restes ou des traces d’actions inachevées, des objets trouvés ou oubliés… Cet écran sur une exposition en perpétuel mouvement fait également de moving things une réflexion sur la mémoire de la performance. Comment la documenter ? Quel statut donner à des images ? Un souvenir est-il une œuvre ?

Les workshops organisés par les deux artistes pour préparer les performeurs à interagir, à s’adapter à leur environnement, ainsi qu’à répondre à tout processus d’improvisation, et dans la lignée d’un programme de recherche annuel Improvisation / Indétermination (3), ont également transmis aux performeurs des manières de ne pas agir comme des interprètes mais comme des participants autonomes. Plus qu’esthétique, ce projet contient en effet une dimension éthique analysant les notions d’écoute, de transmission, d’engagement, de responsabilité individuelle et collective. Sujets éminemment politiques.


Performers : Camille Brêteau, Bianca Dacosta, Moa Ferreira, Jade Jouvin, Etienne Rabaud, Chloé Saffores + Happening * (17 & 18 .10) : Marion Arnaboldi, Sara Biglieri, Monica Busacca, Gaspard Charon, Katarina Lanier, Laurence Maillot, Anaëlle Niger, Daniela Tenhamm.

* En collaboration avec le Master Arts ‘Improvisation en danse’ de l’EUR CREATES (Université Côte d’Azur)

(1) Le groupe de travail à l’origine de l’exposition est formé de Jérôme Mauche (écrivain, éditeur et enseignant à la Villa Arson), coordinateur, Joan Ayrton (artiste et enseignante à la Villa Arson), Ondine Bréaud-Holland (philosophe et enseignante au Pavillon Bosio de Monaco), Alice Godfroy (improvisatrice et enseignante-chercheuse en danse), Eric Mangion (directeur du centre d’art de la Villa Arson) et Mathilde Roman (critique d’art et enseignante au Pavillon Bosio de Monaco).
L’exposition est l’aboutissement d’une recherche collective menée entre septembre 2019 et mars 2020 par près de quarante artistes plasticien.enne.s, danseur.euse.s, théoricien.enne.s, performeur.euse.s, auteur.trice.s et plus de cent étudiant.e.s au cœur de trois institutions, la Villa Arson, le Master Arts ‘Improvisation en danse’ de l’EUR CREATES (Université Côté d’Azur) et le Pavillon Bosio de Monaco, L’École supérieure d’arts plastiques de Monaco. Étaient invité.e.s : Asaf Bachrach (IL/FR), Iván Argote (Colombie-FR), EricArlix (FR), Ismaïl Bahri (TU/FR), Béatrice Balcou (FR), Romain Bigé (FR), Anne Boissière (FR), Carla Bottiglieri (IT), Antoine Boute (BE), Marjorie Burger-Chassignet (FR), Monster Chetwynd (GB), Jean Clam (LB/FR), Simona Denicolai& Ivo Provoost (BE), João Fiadeiro (PT), FedericaFratagnoli (IT/FR), Gabriel Gauthier & Elsa Michaud (FR), Alice Godfroy (FR), Sylvie Kleiber (CH) & Virginie Yassef (FR), JurijKonjar (SI), Patricia Kuypers (BE/FR), Galaad Le Goaster (FR), Violaine Lochu (FR), Paul Maheke (FR/GB), Jeanne Moynot (FR), Mathilde Monfreux (FR), Charlemagne Palestine (US/BE), Charles Pennequin (FR), Georgia René-Worms (FR), Stéphane Roger (FR), Marlène Saldana (FR), Daniela Schwartz (AR/FR), Albert Serra (SP), Scott Smith (US/GB).

(2) Extrait du texte envoyé aux artistes par le groupe de travail.

(3) Les étudiant.e.s du Master Arts ‘Improvisation en danse’ de l’EUR CREATES (Université Côte d’Azur) sont les interlocuteurs privilégiés de João Fiadeiro dans cette tâche de lecture, d'appropriation et de traduction performative de l'environnement proposée par les médiateurs-interprètes et orientée par Violaine Lochu.

Remerciements : Emmanuelle Huynh

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Exposition soutenue par la Fondation Calouste Gulbenkian – Délégation en France

Du 17 octobre 2020 au 03 janvier 2021.
De 14h à 18h tous les jours, sauf le mardi.
Fermée les 24, 25, 31.12.2020 et 01.01.2021.
Entrée libre.

VILLA ARSON
20 avenue Stephen Liégeard, Nice
servicedespublics@villa-arson.org
www.villa-arson.org

#violainelochu #joaofiadeiro #expo_movingthings

THE PROJECT #


Violaine Lochu and João Fiadeiro created a collective, interactive and evolving project which is also the conclusion of a year long research and creation program on improvisational practices at the Villa Arson school of art. The exhibition was conceived as an improvised and indeterminate “gesture”, gradually indexed on encounters, including the physical environment, space, time and duration, the art center guides as well as the public, which will be invited to adapt “in real time” to the variations of this unusual proposition.
The exhibition Moving Things reunites Violaine Lochu, a French visual, sound and performance artist, and Joao Fiadeiro, a Portuguese dancer, choreographer and theoretician. The work group* that initiated the project suggested they produce an exhibition gradually indexed on encounters, including the physical environment, space, time and duration, the art center guides as well as the public, an exhibition conceived locally with as little transportation, production and red tape as possible - all of which tends to make the production of exhibitions more and more complex.**

Inspired by the studios at the Villa Arson but also by gaming tables and Japanese interiors, Violaine Lochu created an installation to be performed, a sort of playground with endless possibilities. It is made of raw materials, chosen for their potential for transformation (fabric, rubber bands, chemicals, eggs, gelatin, modeling clay, aluminum…) and will be activated by performers trained in a specific approach to improvisation*** transmitted by Joao Fiadeiro according to their specifics (weight, height, matter, color) and their performative potential (sound, choreography, theatrics…).
All these items - folded and put away with a minimalist aesthetic against the walls of the art center’s Galerie Carrée – will be gradually unfolded over the entire space following a precise protocol: the visitor is invited by a guide-performer to answer an administrative looking questionnaire. The answers are coded, forming an “algorithm” which relates to a score listing various types of relations between body and object. The code, indirectly induced by the visitor’s answers, tells the performers which kind of actions to undertake. At the end of the day, the central space of the Galerie carrée is swept clean so that the exhibition can start afresh the next day. The rules of this game provide a setting for improvisation: the protocol was conceived in such a way that none of the actions are written or planned ahead, and that the performers must “compose in real time”.
For João Fiadeiro, composing “in real time” brings on a change of paradigm concerning the notion of time. Instead of using past experiences and future expectations as parameters, his goal is to favor a radical sensitivity towards the present moment. Time is no longer perceived as linear, it is experienced like a Möbius strip – where inside and outside, before and after become mixed up and confused - thus creating conditions for “seeing anew”, as if for the first time. Starting with the invisibility coefficient of bodies capable of adapting to any kind of convention (such as visiting an exhibition for instance), the performers will play with the boundaries between reality and fiction, what is true and what is false, absence and presence. The traces left by these contrary oscillations will contribute to the creation of the exhibition landscape and will be documented by the art center guides. Acting as archives for the exhibition, these documents will be accessible on this website www.movingthings.org, designed by web-designer Christophe Hamery, so that the exhibition will be permanently accessible on line, a sort of visible laboratory where one can glimpse at fragments, leftovers and traces of unfinished actions, found or forgotten objects… This opening onto a perpetually moving exhibition also transforms it into a reflection about the memory of a performance. How can it be documented? What status do the images have? Is a memory a work of art?
The workshops organized by both artists to train the performers to interact, to adapt to their environment, and to answer any kind of improvisation, in line with the annual research program Improvisation/Indetermination***, will also teach the performers how not to act as interpreters but as independent participants. Rather than an aesthetic dimension, the project takes on an ethical dimension by analyzing the notions of listening, transmission, engagement, individual and collective responsibility. All of which are eminently political issues.
…………..*The work group that conceived the exhibition includes coordinator Jérôme Mauche (writer, editor and teacher at the Villa Arson), Joan Ayrton (artist and teacher at the Villa Arson), Ondine Bréaud-Holland (philosopher and teacher at the Pavillon Bosio in Monaco), Alice Godfroy (improvisor and teacher-researcher on dance), Eric Mangion (director of the Villa Arson art center) and Mathilde Roman (art critic and teacher at the Pavillon Bosio in Monaco).
The exhibition is the conclusion of a collective research program conducted between September 2019 and March 2020 by nearly forty visual artists, dancers, theoreticians, performers, authors, and over one hundred students at three schools, the Villa Arson, the Arts Masters in Dance Improvisation of EUR CREATES (Université Côte d’Azur) and the Pavillon Bosio in Monaco, L’École supérieure d’arts plastiques (the Higher School of Visual Arts) in Monaco. Guests were : Asaf Bachrach (IL/FR), Iván Argote (Colombia-FR), Eric Arlix (FR), Ismaïl Bahri (TU/FR), Béatrice Balcou (FR), Romain Bigé (FR), Anne Boissière (FR), Carla Bottiglieri (IT), Antoine Boute (BE), Marjorie Burger-Chassignet (FR), Monster Chetwynd (GB), Jean Clam (LB/FR), Simona Denicolai & Ivo Provoost (BE), João Fiadeiro (PT), Federica Fratagnoli (IT/FR), Gabriel Gauthier & Elsa Michaud (FR), Alice Godfroy (FR), Sylvie Kleiber (CH) & Virginie Yassef (FR), Jurij Konjar (SI), Patricia Kuypers (BE/FR), Galaad Le Goaster (FR), Violaine Lochu (FR), Paul Maheke (FR/GB), Jeanne Moynot (FR), Mathilde Monfreux (FR), Charlemagne Palestine (US/BE), Charles Pennequin (FR), Georgia René-Worms (FR), Stéphane Roger (FR), Marlène Saldana (FR), Daniela Schwartz (AR/FR), Albert Serra (SP), Scott Smith (US/GB).
** Excerpts from a text sent by the work group to the artists.
***The students of the “Master Arts « Improvisation en danse »” (Arts Masters in Dance Improvisation) of the EUR CREATES (Université Côte d’Azur) will be João Fiadeiro’s main interlocutors during this task of interpretation, appropriation and performative translation of the environment, suggested by the art center guides-interpreters under the guidance of Violaine Lochu.
Our thanks to: Emmanuelle Huynh


Violaine Lochu, João Fiadeiro


LES ARTISTES #


Violaine Lochu

Le travail de Violaine Lochu est une exploration de la voix comme vecteur de rencontre et de métamorphose. Lors de longues périodes d’immersion dans des milieux spécifiques elle collecte différents matériaux sonores et visuels à partir desquels elle crée des performances, des installations sonores, des vidéos et des éditions.
Lauréate du prix Aware 2018 et du prix de la performance 2017 du Salon de la Jeune Création, nominée au prix Bernard Heidsieck – Centre Pompidou 2019, Violaine Lochu a performé entre autres au Centre Pompidou, au Palais de Tokyo, lors de Parade for FIAC 2017, au Jeu de Paume, au Centre d’Art Contemporain de Genève en Suisse, au Kunstverein de Munich en Allemagne, au théâtre le 4e art de Tunis… Son travail a été exposé lors de nombreuses expositions notamment au MAC Lyon, MAC VAL, Ferenczi museumi centrum en Hongrie, au Centre à Cotonou au Bénin, Galerie Gamu à Prague en République Tchèque, Justina M. Barnicke Gallery à Toronto au Canada…

João Fiadeiro

Né en 1965, João Fiadeiro appartient à la génération de chorégraphes qui a émergée à la fin des années 1980 et qui a donné naissance à la Nova Dança Portuguesa. En 1990, il fonde l’Atelier RE.AL, compagnie et centre d’art qui soutient la création et la diffusion de plusieurs chorégraphes et de leurs œuvres, présentées partout en Europe, aux États-Unis, au Canada, en Australie et en Amérique du Sud. Ses pièces naviguent entre les disciplines (performance, danse et théâtre), les contextes (théâtres, galeries ou sites spécifiques) et les formats (chorégraphies, happening ou lectures-performances), dans une tentative de rester vigilant contre toute forme de normalisation, de stagnation ou de perte de discours critique. La Composition en Temps Réel est une recherche qu’il développe depuis vingt ans. Si au début il la concevait comme un outil pour soutenir ses propres pratiques créatives, elle a depuis été largement utilisée par des chercheurs en art et en sciences (dans des domaines aussi divers que l’anthropologie, les sciences des systèmes complexes ou l’économie) comme une plateforme théorico-pratique pour étudier la décision, la représentation et la collaboration. João Fiadeiro mène régulièrement des workshops dans diverses formations, écoles et universités dans le monde entier.